Vois ne ferme pas les Yeux

Vois ces grands écrivains
Ces chanteurs, ces poètes
Qui sauraient de leurs mains
T’écrire ce qui « jette »
Ce qui rend amoureux
Tous les cœurs malheureux.

Vois ces hommes élus
Bourgeoisement issus
Qui t’inondent le monde
De promesses légères,
De leur morale trop ronde
Et qui croient si bien faire.

Vois ces Intel-idiots
Un peu filou-philo
Qui font d’un chat un chien
Quand tant de gens ont faims
Et qui nous pensent bêtes
De vouloir tenir tête.

Vois ne ferme pas les yeux
Vois combien brûle le feu
Vois ce combat malheureux
Mais ne ferme pas les yeux.

Vois ces journaux hideux
Ces reporters du peu
Qui nous montrent la vie
Aseptisée d’envies
Alors qu’ici qu’ailleurs
La liberté se meure.

Vois combien je renais
Dans ce combat faussé,
Chassant chaque instant
Pour que les sentiments
Que j’ai pour toi, les autres
Ne se meurent de faute.

Vois ne ferme pas les yeux
Vois combien brûle le feu
Vois ce combat malheureux
Mais ne ferme pas les yeux.

1991

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