18 Rue du Plessis

Dix-huit rue du Plessis
J’ai vécu, j’ai grandi,
Dans l’amour infini
De Pépère et Mamie.

Mes vacances chez eux
C’était noël l’été
Et des plats délicieux
Que des chefs envieraient.

Le dimanche au marché
J’accompagnais Pépère,
De café en café,
Découvrant l’atmosphère

De ces lieux chaleureux
Où s’enchaînaient pour eux,
Des tournées de gros plant,
Pour moi, sirops d’antan.

Sur mon vélo rouillé
Je rejoignais le port,
Où mon esprit vaguait
Sur cette île aux trésors.

Du quartier du Maroc,
Je guettais les navires
Qui arrivaient aux docks
Pour vider ou remplir

Leurs soutes de leur fret
Et j’admirais ces bêtes
Qui reposaient sur l’eau
Comme des p’tits bateaux.

Je rêvais d’autres terres,
D’horizons infinis,
Arpentant Saint Nazaire
Avec toi mon papy.

Je partageais mon temps
Entre eux et mes cousins,
Bien heureux et content
De jouer aux indiens.

Parfois au Boulodrome
Je retrouvais Gérard,
Tata, Anne et Denis,
En triplette ou doublette.

Leurs boules, couleur chrome,
Dont ils pratiquaient l’art,
Écartaient avec bruit
Celles des trouble-fête.

Pointer, tirer, gagner,
Ne pas être Fanny,
J’aimais tant partager
Ces instants de leurs vies.

Du parc paysager
Au petit Caporal,
Du vélodrome
Au bord du littoral,

Je traversais la ville
Des paquebots géants,
Édifiés de tout temps
Par tant d’hommes habiles.

Le pont de Saint Nazaire
Construit dans mon enfance
Surplombait l’Estuaire
D’une Loire en partance.

Et aujourd’hui encore
Je me nourris, m’abreuve,
De Saint Marc au vieux port,
De cette ville fleuve.

J’y retrouve en chemin
Des lieux que mon grand père
A construit de ses mains
Quand vint la fin de guerre.

Dix ans qu’ils sont partis
Rejoindre l’autre rive,
Où nous irons aussi
Quelque soit nos dérives.

Dix-huit rue du Plessis,
J’ai vécu, j’ai grandi
Dans l’amour infini
De Pépère et Mamie.


24 août 2010

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