Une maison pas à nous

Je vis dans une maison pas à nous
Entre le calme et le remous
D’une cité sans autre âme
Que le reflet de ses drames.

Je viens d’une petite ville
Nourrit de brises océanes
Où les sentiments défilent
Au rythme de la vie.

Alors qu’ici tout se brise
Au rythme des fleurs qui se fanent,
L’amour ne s’éternise
Baigné par trop de gris.

Je vis dans une maison sans murs
Sans jardins ni cultures
Où le passé n’a pas de place
Dans le reflet des glaces.

Je viens des bords de l’ouest
Lieux de tant de révoltes
Là où le labeur fait la manne
De ceux qui y habitent

Alors qu’ici banlieue Est
Des jeunes armés de colts
Construisent en panne
D’identité leur gîte.

Je vis dans une maison sans toit
Sans feu de cheminée
Où la famille parfois
Se réunit en veillée.

Je voudrais tant repartir
Et redécouvrir et vivre
Mais ici l’avenir
Me retient, par l’argent m’enivre.

1990

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Tintin pleure à Bruxelles

oh ! Bretagne des hauteurs

peu importe le jardin