oh ! Bretagne des hauteurs
Dans les Montagnes Noires,
De la haute Cornouaille,
Le vent écrit l’histoire
Sur les ajoncs, les murailles.
Face aux monts d'Arrée,
Quand le jour baisse enfin,
Les vieux chemins cachés
Nous parlent des anciens.
À Laz, sur les hauteurs,
La lande garde en mémoire
Les gestes et les labeurs,
Les pierres et les histoires.
Et sous les herbes folles,
Quand le silence revient,
Les voix du passé s’envolent
Et nous parlent de plus loin.
Oh, Bretagne des hauteurs,
Terre de brume et de lumière,
Tu portes dans ton cœur
La mémoire de nos pères.
De l’Aulne jusqu’à l’Odet,
Des landes jusqu’aux Montagnes Noires,
Il suffit de regarder
Pour retrouver ton histoire.
À Châteauneuf-du-Faou,
L’Aulne descend tranquille,
Elle emporte dans ses eaux floues
Les souvenirs des villes.
Les écluses et les chemins
Gardent l’écho des voyages,
Des péniches du matin
Et des hommes de passage.
Le canal Nantes-Brest
S’étire entre les villages,
Comme une veine qui reste
Dans la mémoire des paysages.
Et sur les chemins de halage,
Quand le jour s’efface au loin,
Le vent traverse les feuillages
Comme une mémoire sans fin.
Oh, Bretagne des hauteurs,
Terre de brume et de lumière,
Tu portes dans ton cœur
La mémoire de nos pères.
De l’Aulne jusqu’à l’Odet,
Du canal aux Montagnes Noires,
Il suffit d'écouter
Pour entendre ton histoire.
À Trévarez, parmi les arbres,
Le château se tient, immuable,
Témoin des fastes et des drames,
Des jours de gloire aux jours de flammes.
Ses pierres ont pourtant résisté
Au feu, au temps, aux années,
Et dans les jardins renaissants
La vie reprend doucement.
Dans les massifs en fleurs,
Hortensias bleus sous la lumière,
Les rhododendrons, en couleurs,
Embrasent les allées de bruyère.
Pas très loin, sous les fougères,
Une rivière cherche sa voie,
L’Odet s’éveille dans la terre,
Et s’en va sans savoir pourquoi.
Elle descend vers la lumière,
Vers Quimper, puis vers la mer,
Comme ceux qui quittent leur terre
Pour chercher un autre hiver.
Et moi, je viens ici entendre
Ce que le silence a gardé,
Les voix que les pierres murmurent,
Les pas que le temps a voilé.
Je ne sais pas si les paysages
Se souviennent encore de nous,
Mais quand le vent tourne les pages,
Quelque chose demeure en nous.
Quelque chose parle encore,
Quand la nuit descend sur les bois,
Comme un murmure comme un sort
Comme une voix qui revient vers moi.
Oh, Bretagne des hauteurs,
Terre de brume et de lumière,
Tu portes dans ton cœur
La mémoire de nos pères.
De Laz jusqu’à Trévarez,
De l’Aulne jusqu’à Tregourez
Je sais apprécier la vie
Quand le vent m’appelle ici.
Dans les Montagnes Noires,
Au cœur de la Cornouaille,
Le temps n’efface pas l’histoire,
Il la grave dans ses entrailles.
Et quand le soir descend,
Sur les landes et les bois,
La Bretagne prend son temps…
Et elle chante en moi.
Yan LB
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