Quand les Rita faisaient danser nos vingt ans
Il y avait Fred,
il y avait Catherine,
et nous, quelque part en Allemagne,
avec nos vingt ans,
nos uniformes,
nos copains
et nos nuits sans fin.
La journée,
les exercices,
les casernes,
les kilomètres,
les lettres qu'on attendait.
Et puis venait le soir.
On poussait les portes des boîtes,
les lumières tournaient,
les basses faisaient trembler les murs,
et soudain,
C'était comme ça.
Les Rita Mitsouko.
Marcia Baïla,
Andy,
Les Histoires d'A.,
et toutes ces chansons
qui nous faisaient oublier
pour quelques heures
les frontières,
la distance,
le temps.
Catherine dansait avec sa voix,
Fred faisait parler les guitares,
et nous dansions sans savoir
que nous étions en train
de fabriquer nos souvenirs.
Nous pensions que la nuit
ne finirait jamais.
Nous pensions que nos vingt ans
nous appartenaient pour toujours.
Puis Fred est parti.
Et Catherine a continué de chanter,
de danser,
de faire vivre cette folie
qu'ils avaient inventée à deux.
Et puis Catherine est partie
Alors aujourd'hui,
quand une chanson des Rita revient,
ce n'est plus seulement une chanson.
C'est une porte qui s'ouvre.
Et derrière cette porte,
il y a l'Allemagne,
les copains,
les nuits électriques,
les boîtes enfumées,
les rires,
les premiers élans,
les vingt ans.
Il y a Fred.
Il y a Catherine.
Il y a nous.
Et cette étrange magie
des chansons qui savent
faire revenir les absents.
Ils sont partis tous les deux,
mais quelque part,
dans une vieille boîte de nuit
où la musique continue de tourner,
Fred et Catherine dansent encore.
Et nous,
le temps d'un refrain,
nous avons de nouveau vingt ans.
Yan lb
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