Quand l'autre devient soi

Voilà trois jours, voilà deux nuits
Loin de notre refuge amoureux.

On dort mal sans l’autre,
On perd un peu nos sens,
Nos habitudes, nos repères,
Comme si l’absence
Déplaçait tout autour de nous.

On se sent seul,
Presque perdu,
Avec ce manque discret
Qui s’installe au creux des nuits
Et rappelle combien
L’autre est devenu soi.

Le moindre bruit,
La moindre ombre,
Interroge nos cœurs.
On croit parfois entendre l’autre,
On croit parfois sentir sa présence,
Et puis le silence revient
Nous rappeler qu’il faudra attendre.

Alors on se dit :
Vivement jeudi.

Vivement nos retrouvailles,
La prochaine nuit côte à côte,
Le prochain câlin,
Le prochain geste tendre,
Celui qui dira sans un mot
Que l’absence n’était qu’une parenthèse.

Et puis retrouver notre refuge,
Nos corps, nos silences,
Nos habitudes,
Ces petits riens qui sont à nous,
Et cette évidence toute simple :

À deux, on dort mieux.
À deux, on se retrouve.
À deux, on se rassure.
À deux, on est chez nous.


À deux, l’autre devient soi,
Et soi devient l’autre.
À deux, on ne revient pas seulement chez soi :
On devient le chez-soi de l’autre.

YanLB

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