On dort mal sans l'autre
Voilà trois jours, voilà deux nuits
Loin de notre refuge amoureux.
Toi, tu es à la maison.
Moi, quelque part ailleurs,
entre deux journées qui s’étirent,
deux nuits qui n’en finissent pas.
Et pourtant,
C'est chez nous que je suis le plus souvent
Dans ma tête.
J’imagine la maison le soir,
les lumières qui s’allument,
tes habitudes, tes petits gestes,
ton pas dans les pièces
que nous connaissons par cœur.
Je sais que tu es là,
à quelques centaines de kilomètres peut-être,
mais cette distance suffit
à rendre les nuits trop grandes.
Moi, loin de toi,
je retrouve mon lit sans te retrouver.
Je cherche ta présence dans le noir,
le creux de ton épaule,
ta chaleur,
ce mouvement presque inconscient
qui nous rapproche quand on dort.
On dort mal sans l’autre.
On perd un peu nos sens,
nos habitudes, nos repères,
comme si l’absence
avait déplacé les meubles du cœur.
Le moindre bruit m’interroge.
La moindre ombre me fait penser à toi.
Un parfum, une chanson,
une lumière derrière une fenêtre
et soudain tu es là,
dans ma tête,
dans mon cœur,
dans tout ce qui m’entoure.
Alors je compte.
Encore une journée.
Encore une nuit.
Et je me dis :
Vivement jeudi.
Vivement le retour à la maison,
mais surtout le retour vers toi.
Vivement la porte qui s’ouvre,
ton regard, ton sourire,
mes bras autour de toi.
Vivement cette première nuit
où je pourrai enfin te retrouver
sans avoir à fermer les yeux
pour t’imaginer.
Le prochain câlin.
Le prochain baiser.
Ta tête contre moi.
Ma main qui te cherche naturellement.
Et ce petit silence après les retrouvailles,
celui où aucun de nous
n’a besoin de dire
combien l’autre lui a manqué.
Trois jours.
Deux nuits.
Une toute petite absence
sur le calendrier.
Mais une immense place
laissée vide en moi.
Parce que la vérité,
c'est peut-être simplement ça :
Tu es à la maison.
Moi, je suis loin.
Et pourtant,
sans toi,
je ne suis pas vraiment chez moi.
Alors vivement jeudi.
Vivement nous.
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