8 septembre 2009

Le 8 septembre 2009.

Il y a des dates qu'on n'oublie pas,
Qu'on garde en soi, ici ou là,
Des appels où le temps s'arrête,
Où votre esprit perd un peu la tête.

Le huit septembre est de celles-là,
Le dernier jour de mon papa,
Yves, avant son envol ailleurs,
Loin de mes yeux, pas de mon cœur.

La veille au soir au téléphone 
On parlait comme deux hommes 
Le père, le fils et deux esprits 
Sans se douter de ce qui suit

On parlait de tout, on parlait de rien,
Comme on le fait quand tout va bien.
Je ne savais pas, tu ne savais pas
Que cette nuit serait la dernière fois.

Et c'est peut-être ça, le plus dur,
La violence d'un départ sans murmure.
Pas de dernier mot, pas de dernier regard,
Juste une voix qui s'éteint quelque part.

Yves, mon papa, depuis ce jour,
Il y a ton absence autour de moi.
Dans les silences, dans certains jours,
Dans une chanson qui me parle de toi.

Il y a des choses que je voudrais dire,
Des souvenirs qui me font sourire,
Des questions restées sans réponse,
Et ton prénom qui revient quand le jour s'enfonce.

Parfois encore, presque machinalement,
J'aimerais décrocher mon téléphone,
Composer ton numéro comme avant,
Et entendre ta voix qui me répond.

Mais le temps ne rend pas les voix,
Il apprend seulement à vivre avec ça.
Alors je garde au fond de moi
Cette dernière conversation, toi et moi.

Je ne savais pas qu'elle était dernière,
Je ne savais pas que venait l'hiver.
Je pensais simplement te retrouver,
Te parler encore, te revoir, t'écouter.

Le huit septembre reviendra,
Comme chaque année, il sera là.
Et derrière les larmes et le chagrin,
Je penserai à toi, à ton chemin.

Tu as quitté ce monde sans prévenir,
Beaucoup trop tôt pour simplement partir.
Et s'il me reste une chose à dire,
C'est que je n'ai jamais cessé de t'aimer.

Tu étais mon père.
Tu étais Yves.
Et moi, je resterai ton fils.

Tu avais 61 ans.

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