Paradis Noir (1990)


Nous vivons en côtoyant souvent la mort,
Sans jamais bien la regarder en face,
On détourne le regard mais on a tord
Car elle ne nous a pas eu, la garce.

La mort nous fait peur à cause de l’enfer
Mais ne sommes nous pas déjà près de lui.
Qu’avons-nous fait aujourd’hui de notre terre,
Cette planète bleue si riche de vie.

Peu à peu les espèces vont s’éteindre
Si ce n’est déjà fait et l’homme victime
De sa propre inconscience va se perdre
Dans une folie qui conduira au crime.

Il faut stopper cette marche vers l’abîme
Pour éviter à l’homme et aux animaux
De mourir pour des bêtises et de la frime,
Ne reposant seulement que sur le faux.

Vivons pour sauver le monde de demain
Car sans nous son avenir est un trou noir
Comme ceux des galaxies où l’on voit rien,
Où l’on ne perçoit que le noir du trou noir.

Prions pour cette planète en grand sursis,
Qui ne dépend que des hommes au cœur noir,
Qui n’ont pas encore compris que leur vie
N’existe qu’à travers ce Paradis noir.

Ce paradis noir, c’est la planète terre
Conquise par notre civilisation,
Ce paradis Noir c’est ma vie toute entière,
Vécu en noir et blanc, sans grande fiction.

Paradis pour la nature florissante
Qui s’éveille le matin au chant du coq,
Noir pour ces hommes des cités dominantes,
Qui ne vivent qu’en s’appuyant sur du toc.

Paradis inaccessible à nous mortels
Tant que nous vivrons en polluant le ciel,
Ce ciel abandonné par les hirondelles,
Violé par les avions et les gratte-ciels.

Paradis devenu trop vite un enfer,
Car les hommes ne savent pas s’arrêter.
Ils ont déclenché seul une nouvelle ère
Qui se terminera sans l’humanité.

Une humanité vieillie par son passé,
Lourds de guerre et d’assassinats trop sanglants
Pour que l’homme accepte de changer en paix,
La société qui l’a éduqué enfant.

Alors vivons dans cette civilisation
Qui a transformé notre vieux paradis
En un immense champ de béton tout rond,
Où règne déjà plus la mort que la vie.

Alors battons-nous pour ce paradis noir,
Pour le transformer plutôt en paradis
Qu’en enfer où règne sans cesse le noir
Et pour qu’il redevienne source de vie.

Source de vie pour une terre épuisée
Où les oiseaux qui chantent en sifflotant,
Perchés sur des arbres si peu feuilletés,
Regardant des enfants pleurés leurs mamans.

Ce paradis noir, source de toute vie
Doit être reconquis par la nature
Pour préserver les derniers souffles de vie
D'un peuple asphyxié par son aventure.

Du début de l’industrialisation
Aux balbutiements de notre aviation,
Sans oublier toutes les révolutions,
C’est l’aventure des civilisations.

Civilisations sans de vrais traditions
Où l’homme n’est plus qu’un objet très utile,
Qui ne fait que ce que lui dit son patron.
Il faut dire stop sinon c’est trop facile

Et l’homme deviendra un simple robot
Qui ne saura jamais dire une fois non,
Qui ne fera surement pas de vieux os,
Tout ça pour ceux qui le prennent pour un con.

Alors ensemble pour ce paradis noir,
Crions notre formidable désespoir,
Pour cette terre à l’agonie toute noire
Pour nous-mêmes humains qui luttons sans gloire.

Pour ce paradis noir qu’est notre planète
Resplendissante hier encore de vie,
Pour ce paradis noir qu’est notre planète
Débordante aujourd'hui encore de vie.

1990

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