Bidasses

J’en ai vu des gars défilés,
Aujourd’hui tous parqués
Dans un coin de ma mémoire,
Ils venaient de partout, de chez eux
D’un lieu où le ciel bleu
Étaient à eux, de leurs histoires.

Certains sans formations
D’autres manqués parfois
Sur la vie d’information,
Beaucoup aimaient leur vie
Et supportaient leur croix
Sans moins ni plus d’envies.

Je me souviens de toi
Et toi là-bas aussi,
T’étais avocat je crois,
Manu, David et Didier,
Presque devenus des amis
Pendant dix mois puis après.

On apprend à sympathiser,
A vivre en communauté,
A parlé franc, créole,
A fouler le même sol,
Puis parfois s’apprécier
Le temps d’être délivré.

Dix mois ça vous semblait,
Si long, l’horizon,
Trois ou quatre saisons,
Dix mois si vite passés,
Dans un autre monde
Aux lois si fécondes.

Deuxième pompe puis première,
Avec chance bricard,
Pas pour le grade
Mais pour faire taire
Le manque de blé,
Par la solde procuré.

On avait vingt ans, l’espoir,
On se connaissait pas,
Nous nous sommes découverts,
On avait les boules le soir
En pensant à « chez soi »
Alors se vidaient les bières.

Les années ont passées
Et les amis ont défilé,
Parfois dans ma mémoire
J’y repense seul le soir,
Pour retrouver la joie
De ces années là.

Que sont-ils devenus
Ces amis des TIG,
Des marches forcées,
Qu’est-il advenu
A ces amis d’un jour
Qui le seront toujours.


25 mars 1994

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