Deux enfants

Deux enfants
Dans le vent,
Leurs cheveux
Au ciel bleu
Voient le monde
Qui nous gronde.

Un orage,
Un cyclone,
Des naufragés
Et l’aumône
De nos frères
En galère.

Les enfants
Mobilisent
Tout leur temps
Pour qu’à temps
Cette crise
Disparaisse.

Mais les gens
De vos âges
Qu’on dit sages
Dans l’ivresse
Du confort
Sont aveugles.

Tous ils beuglent
Dans leur or
Sans entendre
Que se meurt
Le bonheur
Qu’ils prétendent.

Les enfants
Dans le vent,
Ont les yeux
Dans les larmes.

Et les armes
En tout lieu
Se construisent
Et détruisent
La planète
Où nos têtes
S’abrutissent
De bêtises.

Deux enfants
Allongés
Dans leur havre
Qu’est la terre
-Fut un temps !-
Sont poussières
Du passé,
Sont cadavres...

Deux cadavres
En poussière
Ont la terre
Comme un havre,
Une tombe
De décombres.

Deux cadavres
Sur le sable,
De poussière
Qu’est la terre,
Sont les restes
Aujourd’hui
Des enfants.

Quelle peste,
Cette vie.

1989


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