L'horizon sans terre

Seul sur mon banc face à la mer,
Le regard plongé dans les gris
Que la lumière du jour écrit,
J'observe l'horizon sans terre.

Mes pensées toutes vagabondes 
Se noient dans cette eau peu profonde
Qui se mêle au sable des dunes,
Vierges d'oiseaux et de portunes.

Le vent balaye mon visage 
Qui fait face à ce paysage
Que chaque vague redessine
D'un rocher sur l'eau qui s'aligne.

Quelques promeneurs et leurs chiens,
Quelques volatiles planeurs,
Me rejoignent sur le chemin,
Me saluent du chef ou la main.

Imprégné de ces belles ondes 
Je m'empresse de leur répondre,
D'un sourire qui en dit long 
D'être ici seul et hors-saison.

Je continue sur le sentier 
Celui qu'on nomme des douaniers
A capter l'instant, rêvasser 
A ces p'tits bonheurs murmurés

Que le vent suggère aux oreilles,
Que l'éclaircie offre à ce ciel,
Que l'horizon gris entrevoit,
Que l'océan mêle à nos voix.

















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