Duologue [Histoire à Episodes]
LUI
Le temps passe si vite
Que mon cœur devient triste
En redécouvrant nos mots
Cache-pot de nos maux.
ELLE
Des heures tant assassines
Des heures tant assassines
Qui rendent ces mots tout mous,
Et l'encre indélébile
Au battement de nos pouls
Longues nuits d'insomnie
Où l'âme créative
De nos fiévreux esprits
Esquisse nos missives.
Où l'âme créative
De nos fiévreux esprits
Esquisse nos missives.
Un jeu de touche-à-tout
Vrai scrabble de la vie
Alphabet oui, mais où
Naissent ces rimes de fous ?
Peut-être en nos caboches
De clowns adulescents,
De Cosette et Gavroche
Poètes en ce printemps.
Sans doute est-ce caprice
Pour faire fi du passé ?
Que les minutes tissent
La toile d'autres idées,
Que nos
plumes légères
Encrent et superposent
Sur du papier de vers
Aux rimes qui s'imposent
Encrent et superposent
Sur du papier de vers
Aux rimes qui s'imposent
Quelques brins délicats
Imprégnés de rosée,
Fils entre toi et moi
Conjuguant l'amitié.
Conjuguant l'amitié.
Pétales
d'émotions
Séchées entre
les pages
D'un livre où
la raison
S'extirpe de sa
cage.
Une improbable joute
De velours et d'épines
Bouquet de riens, de doutes
Grisante petite routine
De velours et d'épines
Bouquet de riens, de doutes
Grisante petite routine
Aux airs de
ritournelle
Que fredonne à
l'envi
L’un et
l'autre, Il et Elle
Dans ces mots
qui les lient.
Binôme à l'encrier
Ils cousent quelques vers
Tressant sur le papier
Quelque vocabulaire.
Chaque jour à l'ouvrage
Ils remettent leurs coeurs
En habillant leur page
De leur for intérieur.
Peu importe l'endroit
Pourvu qu'ils s'agitent
A l'envers et sans loi,
Drôles de satellites !
Dans leur imaginaire
La vie s'écrit en vers,
Des clowns y légiférent
Ou est-ce le contraire.
Etonnante assemblée
D'acrobates et jongleurs,
Acolytes singuliers
Artistes du bonheur
D'acrobates et jongleurs,
Acolytes singuliers
Artistes du bonheur
Qui livrent sur la piste
Un spectacle étoilé
Où des visages tristes
Redeviennent smiley.
Où des visages tristes
Redeviennent smiley.
De quelques ingrédients
Ils concoctent la formule
D'un festin succulent,
Une recette de bidule,
D'un truc, un machin chose
Qui leur ressemble tant,
Qu'a bon escient ils dosent
De leurs rêves d'enfants.
Nul ne connait la suite,
Ni quand elle finira,
L'histoire est magnifique
Melting-pot à dix doigts.
Existe-t-Elle au fait
Ou n'est ce qu'un mirage,
Une image en nos têtes,
Reflet de nos lettrages.
Ce show est une chimère
Au destin animé,
Ses personnages-mystère
Ont la mine crayonnée.
Chaque jour ils se nourrissent
Du quatrain de l'autre en lice
S'en inspirant pour la suite
Que leur inconscient cogîte
Et rejette par le nez
En de lascives volutes,
Des serpents de fumée
Pour compendium en ut.
Au détour de leur hymme,
Point de phrases savantes
Mais le goût d'une rime
Qui se veut élégante
Comme les perles au collier
Alignées au cordeau,
Accord particulier
De sonnets en écho.
Bijou artisanal
-Cristallerie de vers-
Extirpé de nos malles
À pensées éphémères,
Un fouillis bien rangé,
Tissu de pacotille,
Parmi toutes nos idées
De garçon et de fille,
De rêveurs insomniaques,
De jongleurs poétiques
Qui sans aphrodisiaque
Écrivent leur diptyque.
Cantique d'écoliers
A deux nez écarlates,
Deux clercs épistoliers
Magiciens télépathes.
Bien qu'entouré de nimbes
Parfois ils se dispersent,
Se perdent dans les limbes
Que leur esprit traverse.
Guidé par la passion
D'un trip jubilatoire,
Brainstorming en fusion
Sur la même trajectoire.
Jamais en panne de sens
Ils font le plein d'émotions,
Livrant avec élégance
Leur magique création.
L' encre est en liesse
Sous pli recommandé,
L'impulsion fait le reste :
Prose 2.0 illimitée.
Les lecteurs se font rares,
Ont du perdre le fil
Comme nous de l'histoire
Que notre prose ensile.
Certes, mais au brouillard
Revient toujours l'éclaircie,
L'étincelle dans le noir
Le songe éclairant la nuit...
Qui s'installe à l'orée
De leur déambulation
Empreinte d'alphabet,
Pistil de leur centon.
Ce patchwork déjoue
Les conditions météo
Il dessine sur nos joues,
Arabesque de mots,
Broderie heuristique
D'une prose enjouée
Malicieuse et magique
D'une hivernale fée
Et d'un pitre funambule
Qui, sur son monocycle,
Fabrique un préambule
Pour dompter l'hémicycle
Cette paire au poker
Ne verrait pas grand "full"
Mais ces deux partenaires,
En vers, gagnent leur poule.
C'est une bonne maladie,
Contagieuse c'est certain,
Mais aux cartes c'est permis
On peut tricher un brin
Un brin certainement
Mais mettre sur la paille
Nos esprits "fol enfant"
Rendrez nos mots canailles.
Gratifiante expression
Ce maelström cosmique,
Un désir d'évasion
D'écriture frénétique
Qui nous transporte ailleurs,
Loin de tous les tumultes
Qui atrophient les coeurs
De nos semblables adultes.
Alors quand, à la nuit,
Nos pensées font tapage,
C'est là qu'on écrit
Nos idées sur cette page
Dématérialisée
Où plume et encrier
N'ont pas trouvé leur place
D'où cette dédicace
Qui n'a ni queue ni tête
Mais peut-être un chemin
Somme toute assez bien faite
Elle suit notre destin
Qui se construit autour
De nos lettres croisées,
D'une prose au long cours
Qui nous fait voyager.
Jusqu'à cette parenthèse
- n'en faisons pas mystère -
Un couplet en do dièse
Pour ton anniversaire
Tout est bon pour rebondir
Pour servir de pretexte,
Dire merci et l'écrire
Sous la forme d'un texte.
S'enfuir vers des contrées
Invisibles aux regards,
Si faciles à conter
Lorsqu'on aime le hasard.
Des contrées irrésistibles
Où se noie le réel,
Où grandit cette incessible
Poésie qu'on libelle
De nos mots les plus fins
Capsule intemporelle
Une bulle de rien
D'essence spirituelle,
Buffet riche de lettres,
De consonnes et voyelles
Composé par deux êtres
En osmose distancielle.
Mécanique en mouvement
Sur le même fuseau,
Il sera toujours temps
De changer de réseau,
D'opérer l'E-connect
Dans ce web univers
Où chacun y affecte
Son propre imaginaire.
Petite paix intérieure
Première gorgée de thé
A n'importe quelle heure
De n'importe quel côté
De l'invisible frontière
Qui sépare nos esprits,
Entre croisement de vers
Où s'assemblent nos folies.
On fait des cabrioles
On écrit à l'envers
Montagnes de babioles
Pour éloigner l'enfer
De ce mal être à vivre
En ces lieux de paraître
Où les hommes se livrent
Leur mal de vivre à être
Et quand l'encre s'emballe
On joue aux magiciens
Un Méliès Récital
Electrisant nos mains
Qui enchaînent les tours,
Démonstration de mots
Aux différents contours
Digne d'un camelot.
Ligne droite ou virage
En descente ou montée
Sur support d'un autre âge
Ou sur notre pc.
Attentions coeurs fragiles
Aux looping un peu bruts
Des pensées versatiles
Qui en nous se percutent.
Gare aux faux dérapages
Imbroglios indélicats
Ici point de dommage :
Les poètes font toujours ça !
Sans être champion du monde
Ils sont couverts d'étoiles
Que leur chimère féconde
Sur le papier étale.
Des heures et des heures
Couchées sur la page
Embrumée par la chaleur
D'un sud encore sauvage
Où se liquéfie les corps
Des lettres qui se dessinent
A l'encre des rayons d'or
Que le soleil "parchemine".
Puis soudain l'effacement
Les étoiles meurent sous la voûte
Agitation et tremblement
Morne destin qui nous coûte
La douce légèreté
Que nous procure l'été,
Ce terrain de jeu immense
Où s'exacerbe nos sens
Fait place aux automnales
Sur un décor qui flamboie
Par-dessus le chant estival
Du bon temps pour soi.
En cette fin du mois d'août,
La nuit tombe plus vite
Sous cette grande voûte
Où nos vies se délitent.
Pas de photomontage
A coller sur vos murs,
C'est un livre d'images
Brassant notre culture.
On y découvre encore
Sous couvert d'innocence
De merveilleux trésors
Qui ravivent nos sens.
De toutes petites recettes
Concoctées à l'humeur :
Friandises guillerettes
Sur lit de crève-coeur
Que nos esprits dégustent
Comme une ritournelle,
Gavés depuis des lustres
Par tout sauf l'essentiel.
En silence ou fanfare,
Solitaires ou accompagnés,
Ne le font pour la gloire
Mais par pure amitié
Leur histoire à épisodes
Aura-t-elle un épilogue?
Pour l'heure ce duologue,
De leurs mots point ne s'érodent.
Si en toute discrétion
Quelquefois on décroche,
Ca foisonne à l'unisson
Téméraires, on s'accroche !
Cette courte mise au vert
De leur esprit créatif
Permet sans doute à leurs vers
D'être aussi interactifs.
Quelque soit la saison
Et le sens du vent,
De folie tricotons
Un long cache-col vivant.
Quelqu'en soit leur raison
Ces deux "Peter Pan"
Animent à foison
Ce dialogue haletant.
Et s'ils vous font languir
C'est pour mieux vous happer
Ne pensez pas à fuir
Vous pourriez regretter...
D'être passé à côté
De leur folle farandole
Où vous êtiez conviés
De mots dont ils vous raffolent.
Délices tourbillonnant
En diégèse éternelle
On aura bien le temps
De se faire la belle.
Revenons à la genèse
De cette oeuvre didactique,
Déconcertante anamnèse
Déroutante dialectique...
Tactiquement insensée !
Tacitement renouvelable
Ce contrat paraphé
De rêves intarissables
Ne comporte qu'une clause
Le plaisir de l'écriture
Que se partage en osmose
Ces maîtres de l'aventure.
Mais quand viendra l'heure
De plier bagages
Rêverons-nous d'autres leurres ?
(Pour autant qu'on en écrase...)
Sur la terre où ils résident
L' automne a pris ses quartiers
Mais ils demeurent avides
D'échanges ensoleillés,
De mots d'hiver et d'ambre
Quand la lune les éclaire,
A l'orée de décembre
Ils allument des lumières,
Des bougies ou des cierges
Qui illuminent la terre
Toute fraîche encore vierge
Où germera leurs chimères.
Ne pousse plus guère ici
Que rêves chaleureux,
Si le temps s'en rassasie
Ils s'immiscent entre-deux.
D'autres lieux, d''autres mondes
A eux deux, s'offriront
Qu'explorera leur sonde
Chargée d'échantillons...
Alors ils fêteront Noël
D'un bon verre de vin,
De joies et merveilles
Dessous le sapin.
Et si le lendemain
Bien gras sera leur foie
Cela n'est pas un frein
Si c'est de bon aloi.
Mais si l'après-demain
Leur âme est déchirée,
Il faudra pourtant bien
Entamer cette année
Pour découper des rois
S'en sans prendre à leur tête
Mais en (comme il se doit)
Partageant leur galette.
Ils se battent pour la fève,
Je choisis de rêver.
Que l'on soit Adam ou Eve
On ne fait que passer
En ce monde éclectique
Où chacun à sa place
-question de dialectique-
Au milieu de la masse.
On court, on perd le fil,
On égraine les heures.
Pressés et volubiles
Cautérisant les coeurs
Avec quelques pétales
de ces mots asséchés
Extrait d'un vieil herbier
Intitulé "fleurs du mal".
A peine ont-elles fané
Que revient le printemps
Cueillons sans nous priver
Les bourgeons du présent.
Sur les branches naissantes
Les oiselets chantonnent,
Aux amours émergeantes
Les prétendants s'adonnent.
Tandis qu'on cherche encore
Comment va-t'on passer,
A la vie, à l'amor,
La toute prochaine année...
Sur l'échiquier du temps
Demeurons roi et reîne
De nos rêves d'enfants
Et ça quoi qu'il advienne.
YANN
MARTINE
Ivan Turuhano Photography

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